Chaque année, je suis contactée par une personne qui hésite à faire le master de spécialisation en études de genre et s’interroge sur les difficultés à le combiner avec son travail. Je répète ici ce que j’ai déjà dit autour d’un café, ou par téléphone. C’est mon parcours personnel, qui peut répondre à certaines interrogations (mais certainement pas à toutes !).

Travailler & étudier : le combo de l’enfer

Je ne vais pas embellir l’affaire. De mon côté, la gestion d’entreprise à temps plein+ le master, ça a été très pesant au début.

Voici ce qui m’a aidée à combiner ces deux activités :


👉 Une série de mini articles sur la linguistique et ses effets sur le système de catégorisation des sexes.
👉 Des textes qui se lisent en moins de 4 minutes, résumant ce que des autrices phares ont écrit sur le sujet.

Voici la liste :


Aujourd’hui, la RTBF a choisi de publier un article sur la bisexualité, écrit par Christine Gobert. Je ne vais pas adoucir mon ton, car le respect ça va dans les deux sens et cet article me crache joyeusement à la gueule.

Le titre a été modifié, il y a quelques heures, c’était :

“La bisexualité est-elle une mode ?”

Dans QUEL MONDE est-ce acceptable de se demander si une orientation sexuelle est une “mode” ? Mais déjà, tais-toi Christine. L’URL garde ce titre d’ailleurs. Mais maintenant c’est :

“Oser affirmer sa bisexualité”

ce qui nous fait penser que ca va…


Une série de mini-articles accessibles sur les discriminations à l’égard des personnes bisexuelles.

C’est quoi la biphobie ?

C’est un terme différent que l’homophobie, car il s’agit d’une discrimination à part entière, qui affecte — vous l’avez deviné — les personnes bies.

Un exemple flagrant : en 2018, Fatina, femme bie de 22 ans, a été déportée au Pakistan et assassinée car les relations homosexuelles y sont criminalisées. Sa demande d’asile a été rejetée par la France car elle avait auparavant été mariée à un homme. GSN (Gay Star News) a parlé à des demandeureuses d’asile et dénonce qu’on leur ait demandé à toustes :


Cela n’empêche pas que des personnes bi·es le soient, comme bien des personnes hétéros, lesbiennes, pans, asexuelles, etc. Mais l’orientation en soit n’est pas transphobe. N’oublions pas que des personnes trans sont bi·es, et des personnes non-binaires le sont aussi.

Cette accusation de transphobie vient d’un discours récent qui a émergé sur les zinternets : la bisexualité serait l’attirance envers les hommes et les femmes, la pansexualité serait l’attirance envers les hommes, les femmes, et les autres. Ce raisonnement est un combo de biphobie et de transphobie qui n’est pas acceptable. Créer une distinction entre hommes, femmes et personnes trans…


…pour éviter qu’ielle se casse au bout de 5min.

1) C’est pas une phase

Ca peut l’être, car toute sexualité peut être fluide, et c’est ok 🌈. Mais c’est dénigrant d’employer cette notion de fluidité pour invalider l’orientation sexuelle de quelqu’un. Et c’est une sacré claque dans la gueule quand ca vient de la communauté queer, qui devrait comprendre à quel point cet argument est violent.

2) Tout le monde n’est pas “un peu bi dans cette génération”

Le paradoxe des clichés me surprend encore : d’un côté on existe pas, mais de l’autre, “tout le monde est un peu bi”. Peut-être qu’il y a plus de bi·es dans ta vie car plus la société évolue, moins…


Celleux dont on ne doit pas prononcer l‘orientation

Il est très commun pour les médias d’identifier une personne comme étant gay, lesbienne ou hétéro alors qu’elle est ouvertement bi. Des exemples, j’en ai à la pelle. On appelle ça l’occultation de la bisexualité (ou bi-erasure, en anglais).


On nous apprend que le masculin est à la fois masculin et neutre. Le féminin, lui, n’est que féminin. J’explore les conséquences de cet enseignement, à travers les écrits de deux (socio)linguistes et une psychologue.

La notion d’animalité du féminin

Pour la linguiste Claire Michard, l’emploi du féminin et du masculin dans la langue est une “extension de la catégorisation par le sexe”. Elle s’inscrit dans la lignée de Monique Wittig, pour qui la féminisation n’entraîne qu’un genre, le genre féminin, face au masculin qui demeure la référence générale, l’humain absolu. …


J’ai l’impression que c’est une idée acquise : le français serait sexiste et nous, humains progressistes, tentons de le modifier pour le rendre plus inclusif ✊ Et si c’était le contraire ? Et si le français était égalitaire et que la misogynie venait de la manière dont on l’emploie ?

Le féminin n’est pas un dérivé du masculin

Je vais parler de grammaire, mais c’est pas long, promis !

Beaucoup de grammaires présentent les mots féminins comme des simples dérivés des mots masculins. Des chapitres entiers sont dédiés à la “formation des féminins”, pour laquelle il suffirait d’ajouter un -e. …


…no, I will not apply. I replied privately to four of you already, and I thought I’d make this public to avoid any misunderstanding : I’m not interested. I work incredibly hard. I am proud of my career so far and I plan on taking it further. I’m also interested in social change, as you claim to be, and that is precisely why I won’t try to be a part of the 40 under 40. That doesn’t mean I’m not ambitious. It just means I have enough privilege to skip misogynistic programs.

Some context, in case you missed it :

Capture d’écran de L’Echo
Capture d’écran de L’Echo
Capture d’écran de L’Echo

Three white men decide to launch a 40…

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